vendredi 16 novembre 2007

Les Hypothèses de descendances ? :

Dans le Carnet d’Auguste Page il est noté que le cœur de Jean était conservé par la famille dans le caveau Ossonce-Marquant et qu’il fut détruit lors des conflits de la guerre 14-18. Pourquoi la femme ou la famille de Jean n’ont il pas gardé son cœur ?

  

Jean fils de Jacques et de Simonne a parcouru pas mal de chemin, il ne semble pas avoir eu de descendance, un acte de décès non validé encore pourrait être à Chatillon les bagneux, un Jean Rousseau y serait mort avant 1814, marié à une Anne Francoise Bachelet il aurait eu une fille  Génevieve francoise ( 1788- ?) marié à Simon alexandre Delarocque à St Cloud … 

Son décès :

La date exacte du décès est le 7 Octobre 1813 l’extrait du journal de Paris du 26 octobre 1813 écrit : » M. le comte Jean ROUSSEAU, sénateur, l’un des commandants de la Légion d’honneur, est décédé le 7 de ce mois, en sa maison de campagne à Châtillon-sous-Bagneux,il a été transporté en son hôtel à Paris, rue du Regard. Ses Funérailles ont eu lieu hier à l’église Saint-Sulpice, sa paroisse. On a transféré son corps dans la basilique Sainte-Geneviève. Il était âgé de 76 ans. »

On retrouve dans le n°315 du 11 novembre 1813 de la Gazette nationale ou le moniteur Universel un article.

 

 «  M. le sénateur comte Rousseau, l’un des commandans de la Légion d’honneur, est décédé à Châtillon près de Paris, le 7 de ce mois, après de longues et douloureuses infirmités. Il était âgé de 75 ans. Ses obsèques ont eu lieu aujourd’hui dans l’église Saint-Sulpice, d’où le corps a été transporté à la basilique Sainte-Généviève, lieu désigné pour la sépulture des sénateurs. Le Sénat accompagnait le convoi, et lors de la présentation à sainte Geneviève, M.le sénateur comte Roger-Ducos, pour l’absence de M. le président du sénat, a prononcé, au nom de ses collègues le discours suivant : »

 

« M.l’Archiprêtre de Sainte-Geneviève, MM. Du Chapitre métropolitain, Proclamer sur la tombe,des hommes qui se sont distingués par leur mérites et leur services publics, c’est appeler, disposer à leur imitation ceux qui les entendent retracer ; c’est rendre même leur cendre féconde en émules de leurs talens, de leurs vertus, et du degrés d’élévation dont ils sont parvenus à se frayer l’honorable carrière. C’est aussi,ô mes collègues ! sous cet intérresant rapport que je viens de rouvrir vos cœur à la douleur profonde que vous éprouvez encore par la perte de M.le comte Rousseau qui fut si digne de participer à votre estime et à votre affection.

M. le comte Rousseau naquit d’une famille qui jouissait d’une considération méritée dans la province,aujourd’hui le département de la Marne. Dès sa première jeunesse, il annonça une vocation décidée pour l’étude libre et indépendante des sciences et des belles lettres. En vain ses parents voulurent le contrarier et le diriger vers une autre destination; mais il fut inébranlable dans ses goûts, hélas ! commandés par la nature qu’il est si difficile de surmonter. Il eut sur-tout un attrait particulier  pour les mathématiques et les connaissances astronomiques, et avec cet attrait il fut doué d’une mémoire prodigieuse. Pour se livrer tout entier à son penchant, autant que pour se soustraire aux importunités qui le poursuivaient, il se retira à Nantes au sein de cette congrégation paisible et remarquable en ce qu’aucun vœu n’y engageait ses affiliés, et  qu’on n’y exigeait que des talens à utiliser, à perfectionner, et des vertus à pratiquer. M.Rousseau ne tarda pas à s’y distinguer dans les parties de l’enseignement qui lui furent confiées. Il y  professa tour à tour les belles lettres, les mathématiques et la philosophie. Il se lia en même temps par une correspondance suivie avec des savans du premier mérite notamment avec le célèbre d’Alembert auquel il fournit plusieurs mémoires importans qui furent appréciés et servirent à l’illustre académicien. M. Rousseau publia aussi quelques opuscules littéraires et des observations sur la physique. Cependant après quelques années de retraites, il voulut se rapprocher de Paris. Il y fit plus remarquer encore des savans qui accueillirent, et dont il ne cessa de cultiver la société jusqu’à des changements politiques que nous avons éprouvés. Il fut alors appelé à des occupations d’un autre genre, et ce fut une nouvelles études pour lui que pour celle du pouvoir concourir à l’administration publique, mais il livra, et parvint à s’y acquitter de ses pouvoirs avec tant de zèle, de sagesse et de justice qu’il ne tarda pas à être désigné pour siéger au Corps-Legislatif. C’est là sur-tout que, par des sages, utiles et nombreux travaux, par son courage et son dévouement, il fit connaître toute la droiture de son esprit, toute sa candeur de son ame, et s’ouvrir modestement ( je pourrais ajouter), sans y songer, les portes du Sénat Français ; et vous savez, mes collègues, avec quel zèle, du  elle fidélité il y a également empli tous ses devoirs pour le gloire, les plus grand intérêts, le bonheur du souverain et de la patrie, sincère objet des ses vœux comme il l’est de tous les nôtre. Telle fut, Messieurs, la vie publique et politique de M.le comte Rousseau, mais j’ai été son ami particulier pour parler de ses mœurs privées. Il était doué d’un caractère bienfaisant, compatissant et généreux, d’une rare et toujours instructive amabilité, riche de formes douces, attachantes et expansives, très –charitable sur-tout, car aucune invocation du besoin n’était repoussée chez lui : « Donnez, j’aime mieux donner ( répétait-il souvent) et me tromper en donnant, que de laisser échapper l’occasion de faire bien. » Vous devez penser, Messieurs, qu’avec ces qualités d’un bon esprit et d’un bon ceur, M. le comte Rousseau devait avoir des principes d’une morale pure et religieuse ; oui il eut de la religion, il s’entretenait respectueusement et avec confiance ; c’est par elle sur-tout qu’il s’est consolé de ces longues années qu’ils a passées dans les infirmités, dans les douleurs ; c’est par elle, avec la fermeté du sage, la sérénité de l’homme juste, qu’il a terminé ses jours, et c’est au nom de cette religion que nous déposons sa triste dépouille dans ce temple, et que nous le recommandons à Dieu et à vos saintes prières. »

 

Ce texte bien qu’il soit un hommage à Jean Rousseau nous a appris que Jacques et Simonne Rousseau-Ossonce ne semblaient pas être d’accord pour les études de Jean, voulaient ils qu’il reprennent la ferme ?

 

Jean Rousseau s’éteint le 7 septembre 1813 à Chatillon les Bagnieux, son acte de Déces n’est pas retrouvé, il sera Inhumé au Panthéon la même année dans le Caveau II non loin de Gaspar Monge caveau VII

Le Sénat Conservateur

Le Sénat Conservatoire a été voulu par Bonaparte, c’est un élément clé de son régime. Puis Napoléon crée en Janvier 1803 le système des sénatoreries, qui lui assure de surcroît la complète docilité des sénateurs. En juin 1804 elles sont attribuées à 36 sénateurs et font de ceux-là des « superpréfets ». Elles leur donnent droit,à titre viager, château … et à des revenus de 20 à 25 000 francs.[1] Ainsi Berthollet qui est à Montpellier, occupe le palais épiscopal de Narbonne et perçoit 22 690 francs de revenus annuels.  dans un article sur le règlement pour l’organisation du conseil d’état du ( 5 nivôse an VIII – 26 décembre 1799 ). A titre de comparaison, le salaire journalier moyen en 1806 d’un ouvrier agricole était de 325 francs / an[2] celui d’un forgeron à paris de 1625 francs / an.[3]

 

Là encore une zone d’ombre se fait dans une liste de nomination de 36 arrondissements, nous retrouvons Fouché et Monge à Aix et à Liéges mais nous ne retrouvons pas de Jean Rousseau. il n’a pas eu de sénatorerie car seul 36 sénateurs en été pourvu.

 

Le 2 Octobre 1803 Jean Rousseau devint Commandeur de la Légion d’honneur, les archives ne sont pas retrouvées, car la plus grande parti des archives ont disparue pendant la Commune dans les archives de la légion d’honneur, mais dans une fondation anglaise sur Napoléon on trouve une liste des nominés là encore le Comte rousseau s’y trouve, il habite d’ailleurs n°20 rue du regard à Paris, bel immeuble de type Haussmannien.[4]

 

Jean Rousseau est nommé le 26 avril 1808 Comte d’empire. Le titre de Comte était donné automatiquement pour les ministres, les sénateurs, vie conseillers d’état, présidents de la chambre législative et les archevêques ( décret du 1 er mars 1808 ) il y a eu 2200 titres dont 251 comte.Nous retrouvons cette liste [5] . le titre de Comte représentait une richesse avec un minimum de 30 000 francs annuel[6]

 

La Maladie :

Nous ne savons que peu de choses, seule dans le discours d’entrée au Panthéon on nous parle d’infirmités et de douleur. Il est très difficile de faire un diagnostic réel, mais que nous dit le tableau ; en regardant le tableau nous pouvons voir un homme «  un peu  gras » son œil gauche semble plus bas que le droit, le bras droit n’est pas dans une position de repos, il semble coincé l’écharpe de Jean mais par rapport au bras gauche ? Jean aurait-il eu une hémiplégie droite ? dans ce cas le bras se rétracte du fait du flexum naturel des muscles fléchisseurs.

Les douleurs peuvent êtres causés par les rhumatismes sous du à l’age, Jean à 76 ans lors de sa mort mais aussi ils peuvent être « goutteux » la goutte était la maladie « des rois ». certaines peintures peuvent nous révélés des aspects soit de la cornée qui peut montrer des dépôts blanchâtres ou plus communément des déformations au niveau des lobes des oreilles qui montrent des dépôts d’urate qui prennent le nom de tophus goutteux. 



[1] 1 franc en 1803 équivaut à 2,07 euro 25 000 francs équivaut à 51 750 euro

[2] 325 francs correspondent à 672,75 euro annuel

[3] 1626 francs correspondent à 3363,75 euro annuel

[4] Voir annexe

[5] Voir annexe

[6] 1 franc en 1803 équivaut à 2,07 euro 30 000 francs équivaut à 62 100 euro

Paris

Il rentre à Paris, mais la date nous est inconnue. Dans de nombres biographie Jean semble se diriger vers l’écriture, il semble avoir travaillé pour Jean le rond d’Alembert, mais actuellement nos recherches ont été infructueuses sur ce point. Dans les nombreuses biographies des encyclopédistes nous sommes très souvent «  pollué »  par un certain J.J Rousseau, il existe des nombreux textes, et de correspondances de J.J Rousseau qui ne serait pas de lui ! y aurait-il confusion entre nos deux hommes ?

Jean semble avoir écrit plusieurs textes :

  • Ode à m.le Duc d’Aiguillon sur la Bienfaisance
  • Ode sur le fondation des Empires
  • Ode au roi du Danemark

Mais ces textes ne sont pas retrouvés à ce jour. Jean est rédacteur avec Panckoucke et Dusson du journal Politique, c’est un certain Lingot qui avait fondé le Journal. Charles-Joseph Panckouke né à Lille en 1736, a suggéré à Denis Diderot de donner une suite à l’Encyclopédie, il va obtenir une licence et édite l’Encyclopédie méthodique, il édite aussi deux revues le Mercure de  France et le Moniteur Universel. Panckouke meurt à Paris en 1798. C’est ici une zone d’ombre car dans la biographie d’Adry ( Bibliothèque des écrivains de l’Oratoire) Adry nous indique un Pierre Rousseau, dans une Thèse de Christophe Rey, Université de Provence ( Equipe DELIC) nous retrouvons un travail sur Charles-Joseph Panckouke et l’histoire de l’Encyclopédisme français :

 «  Selon l'"acte de Bouillon", original du 12 avril 1771, les parts de l'association pour le Supplément sont divisées comme suit : six vingt-quatrièmes à Cramer et Tournes; six vingt-quatrièmes à Pierre Rousseau; trois vingt-quatrièmes à Robinet; quatre vingt-quatrièmes à Panckoucke et deux vingt-quatrièmes à Brunet. Après le désistement des Genevois, leurs parts sont divisées entre Panckoucke et Brunet." (DARNTON, 1982 : 35) »

  Jean Rousseau était lié à Panckoucke, car il a publié certains articles et lettre dans le « Moniteur Universel » mais était-il rédacteur ? à sa mort un article comme nous le verrons est paru dans ce journal, s’il y avait été rédacteur nous pensons que le Journal universel aurait fait une déclaration dans ce sens. Par contre l’hypothèse des travaux avec d’Alembert peut être appuyée par sa connaissance de Panckouke. Selon les dates Jean aurait pu travaillé sur une partie de l’Encyclopédie Méthodique.

La politique :

En 1789 nous trouvons dans les cahiers des états généraux de 1789  Bailliage de Reims le nom des cent soixante-dix députés de la campagne  Jean Rousseau de Witry et Benoit Boileau tous deux de Witry[1] ( p 236). Benoit Boileau est né le 12 février 1728 à Witry-les-Reims fils de Pierre Boileau et d’Elizabeth Adrienne Doriot, il a comme parrain Benoit Ossonce et Jeanne Roger son épouse. il semble[2] que Jean Rousseau a écrit : « Discours préliminaire du résumé général ou extrait des cahiers de Doléances » mais ce discours n’est pas retrouvé dans les archives parlementaires Dans la liste de la noblesse il existe un Chevalier de Boham, Malva de Boham.

En 1790 Jean semble avoir été électeur, il le rappelle dans un discours à l’assemblée générale de la section de la fontaine de Grenelle ‘  « vous m’avez nommé électeur en 1790, en 1791 et en 1792 . » De plus dans ce même discours, il dit avoir été nommé membre de la commune du 10 Août 1792. Toujours dans les archives parlementaire du 10 Aout 1790 nous avons la confirmation de ses dires :

 10. FONTAINES-DE-GRENELLE «  Pouvoirs.-Pleins pouvoirs pour concourir au salut de la patrie.Commisaies. Xav. Audouin, rue de Saint Dominique, aux Jacobins ;Rivailler,Rue Saint Dominique,n°28 ;Gaudicahau, rue de Beaume, n° 776 ; nommées dans la nuit du 9 au 10 Rousseau, rue de Grenelle, n°680 ; Sabatier, rue de Grenelle, maison Tautin ; Rouval, rue de l’Université,n°384 ; nommés le 10 Audoin fut remplacé par J-M.Defrasne,rue saint Martin,n°8. »

Dans les Archives de la Commune nous retrouvons la liste générale des 72 personne qui doivent être remplacées par les sections qui les avaient nommées, dans la section « le Faubourg-Saint-Denis : ROUSSEAU Tirage au sort des officiers municipaux. » nous ne savons pas le prénom de ce Rousseau est-ce Jean ? mais les archives nous indique que Jean habite maintenant n° 680 rue de Grennelle 

 Une pétition du 11 décembre 1791 pour laquelle les membres du directoire du département de Paris ont prié le roi de refuser la sanction au décret sur les troubles religieux[3],nous apprend que Jean habite rue neuve Guillemain à Paris [4].

 

Le dictionnaire  des parlementaires nous apprend qu’il est élu le 22 septembre 1792 sixième député suppléant à la convention par le département de Paris, avec 302 voix ( 526 votants). Jean ne semble pas paraître à la convention, après avoir recherché les votants de la mort de Louis XVI, il apparaît qu’il n’a pas voté, mais à cette époque Jean n’était qu’un député suppléant. 

Mais où se situait il ? Jean semble-t-il a été Jacobin jusqu’au milieu de 1792, il en sort à « cause de la tyrannie dégoûtante que Robespierre y exerçoit déjà » après cette vision de Robespierre, Jean sera emprisonné onze mois,. Les Jacobins venaient du groupe politique les montagnards car ils siégeaient dans les parties hautes de l’assemblée. Hostiles à la monarchie, favorable à une démocratie centralisée, proches de la petite bourgeoisie, ils s’appuyèrent sur les sans-culottes et combattirent les girondins, représentants de la bourgeoisie aisée. D’ailleurs d’autres Oratoriens comme Gaspar Monge et Joseph Fouché sont eux aussi à cette époque Jacobin. Joseph Fouché suit la même route, il est élu en 1792 par la ville de Nantes à la convention où il fit partie du comité de l’instruction publique.

Le 13 janvier 1793, Jean fut nommé administrateur du département, mais il refusa le poste, et ne fut pas remplacé. Cette année 1793 fut sombre, dans la biographie de P.Foillot, il est dit que jean Rousseau proposa un décret sur le Colportage des Journaux.  Ce décret du 29 mars 1793 n’est pas retrouvé dans les archives, de plus en compulsant les archives du mois de Mars 1793 Jean Rousseau ne semble apparaître pas une fois à l’assemblée ? est-il déjà sur ses gardes comme le comte Poutécoulant ?se cache-t-il, à cette époque de nombreux députés ne dormaient plus chez eux de peur d’êtres arrêtés.

Il fut arrêté en septembre et passa onze mois en prison, il semblait vouloir se battre contre la tyrannie et la terreur mise en place par Robespierre. Il fut libéré par la chute de celui-ci le 27 juillet 1794. Dans les mémoires du comte de Poutécoulant, nous pouvons lire que le 3 octobre 1793 qu’Amar l’un des plus farouches interprètes de la montagne demande la parole au nom du comité de sûreté générale sur un rapport intitulé : Acte d’accusation contre plusieurs membres de la convention national. Amar monte à la tribune est dit : « Avant tout, je dois prévenir la convention qu’elle a encore dans son sein des traîtres que la loi doit frapper. Ils sont présents, ils m’entendent ; les lâches, sans doute, méditent leur fuite ; que la convention la leur ferme et qu’elle se consigne elle-même dans cette salle. » La convention se lève et rend le décret ; les portes se ferment. 44 députés seront mis en accusation et prévenus de conspiration contre l’unité et l’indivisibilité de la république, puis 74 autres pour avoir signé la pétition du 16 et 19 juin. Cette liste a été retrouvée dans les archives parlementaires, mais le nom de Rousseau n’y est pas présent.  Nous pensons que Jean Rousseau appartenait à un de ces députés, car ces 74 députés ont été libérés le 9 thermidor, ils ne durent la vie qu’à quelques différents qui s’élevèrent entre leurs bourreaux, qui retardèrent leur exécution. ( page 224) ces éléments se retrouve dans les archives parlementaires et peuvent être recoupé. Nous pouvons ressentir en lisant l’histoire parlementaire une terreur qui commence en mai 1793, un certain nombre de Girondin sont arrêtés, condamnés, certains même sont condamnés à rester chez eux, il ne peuvent sortir qu’avec un garde.

 Il semble que dans ces mémoires, ce n’est que 4 mois après le 18 frimaire que la convention, sur un motion de Sieyès, osa rappeler dans son sein les députés emprisonnés. Mais tous ces proscrits durent réclamer à corps et à cris leur innocence vis-à-vis de la tyrannie qui les avaient conduit dans les prisons de Paris. M. de Pontécoulant adressa lui aussi au président de la convention une lettre :

« j’ai cherché, un asile sur la terre étrangère pour fuir l’arbitraire de la tyrannie et non la justice de mon pays. Aujourd’hui que l’ordre est rétabli, je viens me livrer au glaive de la loi ; si je suis coupable, j’apporte ma tête, si je suis innocent je ne reconnais à personne le droit de m’interdire la part que mes commettants m’ont donnée à la représentation nationale »  

Nous comprenons que Jean est dans le même tracas, il demanda donc au comité des décrets son admission à la convention. La section de la Fontaine Grenelle  le 25 thermidor vota la perte de confiance au citoyen J.Rousseau, celui-ci répondu dans une brochure et une lettre : Lettre de Jean Rousseau, député suppléant de Paris, à la section de la Fontaine-de-Grenelle : «  Citoyens, J’apprends que dans votre dernière assemblée j’ai été l’objet d’une discussion, à la suite de laquelle vous avez déclaré que j’ai perdu la confiance de la section … » À la suite de ces écrits, Raisson qu’il avait traité de « Robespierrot » répondit par un écrit intitulé « Addition et réponse à la lettre de J.Rousseau, député suppléant à Paris, ancien Oratorien et instituteur du ci-devant Duc d’Aiguillon et des mineurs Chabrillant, tous émigrés » J.Rousseau semble avoir combattu Raisson pour l’empêcher de prendre le commandement armée des 48 sections de Paris.

Il y avait, dans les semaines qui suivirent à la convention de nombreux débats pour appuyer le retour des députés. Sieyes et Chénier étaient les premiers maillons d’un futur décret qui obligea Merlin de Douai à produire le 20 Ventôse an III un décret ; qui permis aux députés à reprendre leur place. Il fut voté par une très grande majorité, au moment où le président proclamait le résultat, on entendit retentir dans la salle : Vive la république, vive la Convention ! dans sa biographie il est cependant noté : le 9 ventôse an III ( 27 février 1795). Jean parut peu, mais il semble que ces nouveaux députés qui venaient de différents horizons se sont réunis, et ont formé avec d’autres députés une imposante majorité pour lutter contre l’odieux régime de la terreur.

La biographie de P.Foillot raconte les événements autrement, Jean aurait été oublié pendant son emprisonnement grâce à certaines influences occultes ( semble t il P.Foillot pense à l’initiation de Jean Rousseau ) et « le soir du 10 thermidor, Rousseau s’échappe avec tous les détenus, Payant d’audace, il réclame sa place à la Convention » là encore les archives et les mémoires d’hommes ne parlent pas d’évasion mais de libérations.

L’insurrection des sections de Paris contre le gouvernement conventionnel allait  commencer.

Le 1er avril 1795 les habitants se portent en tumulte sur la convention «  du pain, et la convention de 1793 ! » entrée dans la convention, les Thermidoriens, avec une majorité de militaires font évacué la salle des séances, 17 députés sont arrêtes tel que Pache, ex ministre de la guerre, le limonadier Raisson et l’ex-général Rossignol. Toutefois Jean Rousseau s’oppose à la Libération de Rossignol qui est demandé par Legrendre.

Le 20 mai 1795 le Faubourg Saint-Antoine s’enflamma, plus de 30 000 hommes marchèrent vers la convention, tout à coup l’une des porte de la salle est enfoncée avec fracas, des flots d’hommes et de femmes entrent. Une lutte parricide s’engage au sein même de la représentation nationale : le sang coule … Dans les jours qui viennent une « reconquête des quartiers «  est confié sous la direction du général Menou à 20 000 militaires et gardes nationaux … après onze mois d’emprisonnement, quelques mois à retrouver sa place à la convention, et les deux insurrections Jean Rousseau  était toujours là, il passa après la session conventionnelle, aux conseils des anciens le 4 brumaires an IV ( 26 octobre 1795 ), Jean s’y occupa des finances et fut l’un des commissaire pour la surveillance de la comptabilité nationale. Nous avons d’ailleurs un texte à la BNF sur un projet de finance du 3 messidor de l’an III[5] au sujet du retrait des assignats[6], Jean devait d’ailleurs bien connaître ceux-ci car c’est le duc d’Aiguillon qui a participé à la création des assignats. Il fut Nommé secrétaire de l’assemblé le 21 novembre 1796, il combattit les élections de Saint-Domingue [7] comme inconstitutionnelles, les fit annuler, et appuya, le 27 novembre 1797, la résolution contre les ci-devant nobles et les anoblis, comme nécessaires à la sûreté de l’état.

Il Sortit du conseil en mai 1798, il y fut réélu presque aussitôt (21 germinal an VI) ·,  par le département de la seine, ou plutôt par la partie de l’assemblée électorale de Paris séant à l’institut. À cette époque, il publia un article dans le Moniteur le 30 Germinal an VI ou il prétendait démontrer, d’après des papiers trouvés chez Durand de Maillanne[8], l’intelligence qui avait existé en 1793 entre les chefs de l’émigration à Coblentz et les membres du tribunal révolutionnaire de Paris.

Son mandat expirait le 1er prairial an VI ( 20 mai 1798), mais il fut réélu au même Conseil par l’assemblée électorale scissionnaire de la Seine, séance à l’institut, cette réélection semble être du à l’épuration de floréal. Sous la conduite du directeur Merlin de Douai, la consultation est préparée, les commissaires jouent un rôle d’agents électoraux, ils favorisent les scissions au moment des réunions des assemblées d’électeurs. L’épuration se termine les 22 floréals par l’adoption d’une loi qui autorise les conseil à choisir « le bon élu », il s’agira bien d’un coup d’état masqué qui aboutira à perpétué les hommes au pouvoir. À ce moment encore Jean semble tirer son épingle du jeu.

Jean qui était Républicain, se prononce pour le coup d’état du 18 brumaire, est il redevable de Sieyès qui lui avait permis, de reprendre sa place dans l’assemblée. C’est l’un des dernier acte de la révolution. C’est Emmanuel Joseph Sieyès qui souhaite renverser la constitution de l’an III, il va devoir imaginer avec la complicité du conseil des anciens et de Jean. Les députés vont se déplacer des Tuileries à Saint-Cloud et ainsi permettre le coup d’état. Les députés prêtent serment à la nouvelle constitution et Napoléon Bonaparte est nommé premier consul. Jean sera membre de la commission intermédiaire composé de onze membres, chargé de présenter la nouvelle constitution, Pierre Daunou qui est lui aussi un ancien Oratorien et a été sans doute emprisonné en même temps que Jean Rousseau et pour les mêmes raisons fait partie de cette commission. Celle-ci se charge d’établir la nouvelle convention.

Jean Rousseau continu son chemin il devient membre du sénat conservateur le 3 nivôses de l’an VIII[9] Le premier Sénat Conservateur accueille d’anciens membres des assemblées révolutionnaires, comme Joseph Fouché, Gaspar Monge, Lagrange, Berthollet, et de nouveau Jean Rousseau semble être au centre de l’histoire il est élu au sénat conservateur le 24 décembre 1799[10] le même jour que G.Monge.

Nous trouvons dans une autre liste des nominations du sénat au 18 mars 1802 devant sortir en l’an xi (1803) un Certain Rousseau représentant le département de la Seine mais le Prénom est Charles-Gabriel-Jean ! sommes nous devant la même personne ? non Charles-Gabriel-Jean Rousseau était un député des Ardennes il y a donc eu une confusion avec le département et le prénom.[11]



[1] Etats gén 1789, Archives Parlementaires, Bailliage de Reims, assemblée du 23 mars 1789 du matin page 535 site de la BNF

[2] Archive de la chambre de Commerce : le seul Marnais inhumé au Panthéon par P.Foillont

[3] Page 520/1100 pétition à l’assemblée nationale et au Roi 11 décembre 1791

Titre(s) :  Pièces diverses sur les 48 sections de Paris  formées en exécution du décret de l'Assemblée nationale du 20 juin 1790, constitutif de la municipalité de Paris, sanctionné par Louis XVI le 27 du même mois / collection historique de M. Ch. Renard

Reproduction :  Num. BNF de l'éd. de, [S.l.] : Micro Graphix, cop. 1993. 13 microfiches Les archives de la Révolution française = The French Revolution research collection ; 6.2.490Reprod. de l'éd. de, Caen : [s.n.], 1854

[4] la rue semble avoir disparue

[5] 21 juin 1795

[6] Auteur :  Rousseau, Jean (1738-1813 ). Auteur du texte

Titre :  Projet de finances présenté par Rousseau, représentant du peuple député de Paris, sur la nécessité de ne plus émettre d'assignats, & sur les moyens de pourvoir aux dépenses du gouvernement jusqu'à la paix, en retirant sur le champ les assignats de la circulation [Document électronique] / impr. par ordre de la Convention nationale

Reproduction :  Num. BNF de l'éd. de, [S.l.] : Micro Graphix, cop. 1993. 1 microficheLes archives de la Révolution française = The French Revolution research collection ; 10.1.323Reprod. de l'éd. de, [Paris] : [de l'Impr. nationale], [1795]

[7] L’esclavage doit être aboli, les révolutions de Paris est le seul journal a demandé l’abolition de l’esclavage, Jean Rousseau ne semblait pas d’accord, après le 29 octobre 1790 trois cent cinquante mulâtres entre en rébellion, ils seront arrêtés et suppliciés. C'est cette révolte et ces conséquences qu'elle risque d'avoir dans toute la région qui pousse la Convention, le 4 février 1794 (16 pluviôses an II), à décréter l'abolition de l'esclavage. Ce décret d'ailleurs ne dit rien de la traite elle-même. De même elle n'empêche pas le racisme des colons de perdurer. Le décret d'abolition est salué par le journal Les Révolutions de Paris.

Nous pouvons rappeler que Napoléon, qui rétablit l’esclavage en 1802, va rendre la traite illégale à partir de 1815, elle devient clandestine et continue de manière illégale jusqu’en 1861. C’est Victor Schoelcher qui dans la foulée de la révolution de février 1848 fera adopter par le gouvernement provisoire l’abolition définitive de l’esclavage. Rien n’indique que Jean Rousseau soit un esclavagiste, mais il soutenait l’empire.

[8] Non trouvé mais dans la biographie de Jean Rousseau

[9] 24 décembre 1799

[10] voir annexe liste des sénateurs cette liste semble écrite après car il est déjà Comte

[11] était sénateur des ardennes en l'an VIII né à une date inconnu, mort à paris le 8 fevrier 1811 avait été banquier à Paris, quand il fut élu le 4 nivose an VIII, par le sénat consevateur, député des ardennes au corps legislatif, il fit partie de la commission des finances et sortit de l'assemblée en l'an XI dictionnaires de parlementaires de 1789-1899) site de l'assemblée nationale

Le Duc D’aiguillon :

Entre 1764 et 1789 nous n’avons que peu de données, par contre il semble que Jean soit parti dans le Dauphiné, il habite Montélimar, le Duc et d’aiguillon et le Comte Chabrillant qui passaient la plus grande partie de l’année en Bretagne, lui confient l’éducation de leur enfants. Jean administre les biens et les affaires des enfants. Un discours de Raisson que nous verrons dans la suite, nous rappelle les antécédents « d’instituteur ».

Les recherches vers le duc d’aiguillon sont limitées, il existe un fond d’archives qui contient certain livre de compte qui faudrait ouvrir afin de rechercher les traces de Jean. L’inventaire des archives[1] de la Drôme nous donne un faible aperçu, il nous faudrait du temps et l’autorisation, au mieux retrouver les descendants pour trouver une vraie trace.

 

Entre le duc et Jean nous pouvons qu’émettre des hypothèses, il n’est pas trouvé de liens entre le duc d’aiguillon ( Armand Désiré de Vignerot du Plessis de Richelieu 1761 1800 ) et les oratorien, mais il semble exister un lien entre le duc d’aiguillon et la Maçonnerie, il fut en effet, avant la révolution, membre de la loge «  l’olympique de la parfaite estime » du grand orient de France, en 1786, il fut membre de la loge « société Olympique » et grand officier du grand orient de France.

D’autres liens entre les Oratoriens et la FRANC-MAÇONNERIE semblent exister par certains personnages. Joseph Fouché qui était le directeur de Jean au Collège de Nantes était Maçon, de même que Gaspar Monge était lui aussi frère, peut-on émettre l’hypothèse que Jean était lui-même Franc-maçon ? et qu’il était lié au duc d’aiguillon par la même initiation ? comme nous verrons d’autres maçons seront auprès de Jean lorsqu’il sera député. Le duc d’aiguillon a peut-être aidé «  un frère » qui avait de l’éducation et qui avait toutes les qualités pour être précepteur et intendant.

 



[1] Annexe II

Les études de Jean Rousseau :

Comme nous le savons Jean a été Professeur et Oratorien. Sur Reims depuis 1606 deux collèges s’affrontent, le collège des Jésuites et le collège des Bons Enfants. Le collège des bons Enfants a été fondé vers 1220 par un universitaire parisien, lors de la construction de la cathédrale. En 1745 il existe deux doctrines sur l’enseignement à Reims, d’un coté les Jésuites, de l’autres les oratoriens avec le collège des Bon Enfants. Tous les deux s’opposent. Même si l’oratoire a été divisé vers 1709 par le Jansénisme, qui est une doctrine développée par Cornélius Jansen (1585-1638), cette doctrine est stricte et s’oppose vivement aux Jésuites. Les Jésuites croient au libre-arbitre, alors que les Jansénistes sont des fatalistes et pensent que tout est écrit d’avance. Il semble que l’esprit de liberté, d’ouverture, de philosophie a été choisi par Jacques pour l’enseignement de son fils. Jean fait donc ses humanités et sa philosophie DANS « l’excellente pension que Witry possédait à cette époque »[1], puis il acheva ses études sur Reims au collège de l’université dit le collège des Bons Enfants.

L’ORATOIRE de Jésus-Christ  fut fondé en 1611 par le Cardinal Pierre Bérulle né en 1575 au château de Cérilly, près de Troyes. Sa fonction principale « l’institution des prêtres » mais sous la demande de Louis XIII elle consacra une partie de son activité à l’éducation de la jeunesse. Une Phrase de Voltaire  nous indique : «  la congrégation de l’Oratoire est la seule où les vœux soient inconnus et où n’habite pas le repentir... »

Les Jésuites ont à cette époque certaines difficultés, en 1742 le pape Urbain VIII interdit les rites chinois, puis ils sont attaqués par les Jansénistes, les Encyclopédistes, les philosophes et les Gallicans. En 1759 le Portugal les bannit, et la France les bannit en 1763 enfin la Compagnie de Jésus est totalement supprimée par le Pape Clément XIV. C’est d’ailleurs à cette époque que toutes les propriétés des Jésuites de Reims vont être donné à l’université de Reims et à son collège des Bons Enfants. C’est en 1814 que le Pape PIE VII rétablit la compagnie de Jésus, ils vont revenir à Reims en 1874 avec la création du lycée Saint-Joseph.

 

Jacques Rousseau n’ayant plus que deux enfants pouvait faire ce choix, le prix de la pension  y était de 700 livres tournois par an[2] en 1750 une livre tournoi équivalait à 0,13 gr d’Or [3], le recrutement des pensionnats se fait chez les nobles,les officiers roturiers, les professions libérales, les Négociants, les Bourgeois et les fermiers[4]. L’hypothèse de études Reims s’appuie sur l’étude de W.Frijhoff et D.Julia[5] sur le circuit scolaire des Oratoriens avant l’entrée dans la congrégation, la majorité viennent des oratoriens, puis des Jésuites, ou des collèges séculaires.

Après cette première formation il semble exister une dissociation entre les choix de Jean et de sa famille, l’extrait du discours lors de son entrée au Panthéon nous apprends :

 « En vain ses parents voulurent le contrarier et le diriger vers une autre destination; Mais il fut inébranlable dans ses goûts, hélas ! Commandés par la nature qu’il est si difficile de surmonter. Il eut surtout un attrait particulier  pour les mathématiques et les connaissances astronomiques, et avec cet attrait il fut doué d’une mémoire prodigieuse. Pour se livrer tout entier à son penchant, autant que pour se soustraire aux importunités qui le poursuivaient, il se retira à Nantes au sein de cette congrégation paisible et remarquable en ce qu’aucun vœu n’y engageait ses affiliés, et  qu’on n’y exigeait que des talents à utiliser, à perfectionner, et des vertus à pratiquer. »

 Jean est donc parti ou a fuit Witry-les-Reims et sa famille pour se consacrer à ses études.

Nous retrouvons sa trace dans les dossiers  du frère Emile Bonnardet, dans les archives de l’Oratoire de France, il entre à Paris le 4 mai et reçu le 24 mai 1756 (400 h et entretien, 18 ans, Tonsuré) les deux premiers détails ne sont pas compris. En 1756 il sera à l’institut de l’Oratoire de Paris[6]. De 1758 à 1760 il est professeur de philosophie à Montmorency, puis de 1760 à 1764, au collège de Juilly, il est préfet de chambre commune et suppléant de pension. Il sera aussi professeur de mathématiques et d’hydrographie au collège de Nantes. Peu avant l’arrivé d’un Oratorien qui le suivra pendant quelques années encore :  Joseph Fouché. Il est rentré comme professeur à l’age de 31 ans en 1770 né un an après Jean donc ils ont dus se connaître car J.Fouché va être le directeur du collège jusqu’en 1792 fermeture du collège. D’autres biographie de Fouché[7] indique qu’il serait parti pour Nantes par punition ? comment peut on être puni en devenant directeur d’un collège. Par contre Fouché a été prêtre.

Nous savons que Jean était Mathématicien et hydro graphiste, et nous savons aussi que les Sciences étaient enseignées au collège de Nantes, J.Fouché était professeur de physique. Le contenu de la bibliothèque du collège nous est donné par le fond ancien de la bibliothèque municipale de Nantes qui indique que l’on y trouvait par exemple le Journal des savants, les Mémoires de l’Académie royale des sciences, l’Histoire de l’électricité de Priestley. Le rôle du livre chez les Oratoriens se retrouve dans la publication d’ouvrages pour l’enseignement des sciences également disponibles dans la bibliothèque. On peut citer le Traité de mécanique du P. Lamy, paru dès 1679, également auteur des Entretiens sur les Sciences, parus en 1684, dans lesquels outre la méthode d’étudier, on apprend comment on doit se servir des sciences « pour se faire l’esprit juste et le cœur droit ».

On peut donc à ce titre considérer l’enseignement des sciences physiques au collège de Nantes comme un enseignement proche des idées des philosophes des Lumières. Un pur produit de cet enseignement de l’Oratoire est Gaspard Monge, qui lui doit sans doute ses conceptions sur le rôle de la science et la création de l’école polytechnique. Jean Rousseau a donc était bien entouré pendant toutes ces années d’apprentissages et d’enseignements, il a connu J.Fouché, G.Monge et sans doute bien d’autres hommes tous liés par les idées des philosophies des lumières.

Dans l’histoire du collège de Nantes, nous apprenons qu’entre 1789 à 1792, les idées nouvelles sont partagées par le personnel de l’Oratoire. J.Fouché lui-même est chargé de la direction du collège, mais il n’y a pas d’évolution en ce qui concerne l’enseignement de la physique, qui n’apparaît toujours qu’en dernière année. La loi du 12 octobre 1791 oblige en effet les établissements à conserver leur système de fonctionnement. Mais en juillet 1792, le collège disparaît : la commune de Nantes supprime le traitement des professeurs, estimant que l’éducation est désormais du ressort de la communauté nationale. Toutefois, la municipalité comme le directoire du département sont tout à fait conscients de la nécessité d’une instruction publique réformée ; Et le 24 octobre 1792 s’ouvre un nouveau collège sous le nom « d’institut national ». C’est donc une page qui se tourne pour les professeurs, nous savons dans la biographie de Fouché qu’il sera député en 1792 C’est le 18 août 1792 que l’assemblé législative supprime les congrégations séculaires, nous savons que certains Oratoriens s’engagent dans la révolution, tels joseph Fouché et Jacques Nicols Billaud-Varennes, ce dernier devient procureur en 1778, puis se lie avec Danton, Marat et Robespierre[8]. Après cette suppression, la congrégation compte 284 prêtres, 51 vont opter pour le clergé constitutionnel ; 15 périssent en prison ou sont guillotinés, certains se cachent ou émigrent.

Pendantes toutes ces années Jean ne fera pas de vœux et sera Confrère[9]. Il va quitter l’Oratoire en 1764, il a 26 ans. Sur le départ de l’Oratoire, il existe une biographie de la Chambre de Commerce de Chalons en Champagne, qui nous indique une autre hypothèse non vérifiée par nous, il serait revenu à Nantes comme professeur du collège de l’Oratoire ! Chose encore plus surprenante, J.Fouché aurait été son élève ! nous l’avons vu, J.Fouché était préfet du Collège de Nantes et en plus Joseph et Jean ont le même âge ! De plus pour le biographe P.Foillot il quitte le collège en 1778, il serait resté auprès de J.Fouché pendant 8 ans ? Rien n’est vérifié. Le travail d’E.Bonnardet semble plus juste, il a repris à la plume toutes les biographies de Jean Rousseau :

  • La biographie de l’Oratoire de France
    • M.M.607,Ge Catalogue, N°1443
    • M.M.612,N° 1643 de ma copie
    • M.M. 614, page 82 ; N°431
    • M.M. 617, page 96 ; N°4307
    • M.M. 615, N°1331
  • Rable-Boisjoilin et Ste Preuve Diag univ du contemporains, Paris, Bocquet 1839 Gral in 8e TV p 689
  • Adry : Bibliothèque des écrivains de l’Oratoire, CV p 55 ( Bibl Nle Fond Fn 25.685)[10]
  • Guèrard : France Littéraire, Paris Didot, 1836,T VIII p 191
  • Id.ilid VIII, p 232
  • Biographie moderne, Leipzick, 1806, T IV p 202
  • Biographie moderne, Paris , Egenery et Delaussay, 1815, T II p 462
  • Biographie Universelle Paris Furne 1838, 6 vol in 8 TV p 306
  • Robinet Dictionnaire de la Révolution T II p 711
  • Arnault : Biographie nouvelle des contemporains Paris T XVIII p 257

 

Le travail de l’abbé Bonnardet semble plus juste, par le classement, par les dates et les sources des événements de la vie de Jean.

 

 



[1] Histoire de Witry-les-Reims par l’abbé Dessailly 1870

[2] Livres de Comptes de la pension du collège de Juilly ( Seine-et-Marne) vers 1770

[3] Équivalent à 217 gr d’or  1 gr d’or fin = 10,26 ( 2006 ) équivalent à 2226,42 euro annuel

[4] L’éducation des riches deux pensionnats : Belley et Grenoble W.Frijhoff et D.Julia p 117

[5] Les Oratoriens de France sous l’ancien régime. W.Frijhoff et D.Julia

[6] Pour la petite histoire il semble que cet édifice est été pris en 1800 par l’empire pour la création de l’établissement de la Banque de France

[7] Fouché Stephan ZWEIG les cahiers rouges grasset

[8] J.Fouché a connu Robespierre a Arras, il semble avoir aidé Robespierre sur le plan financiers pour qu’il puisse monter à Paris.

[9] Archives de l’Oratoires de France : les Dossiers d’Emile Bonnardet

[10] Adry, Jean Félicissime. 1790. Bibliothèque des écrivains de l'oratoire, ou histoire littéraire de cette congrégation ou l'on trouve la vie & les ouvrages, tant imprimés que manuscrits, des auteurs qu'elle a produits depuis son origine en 1613, jusqu' à présent. A Paris: [s.n.].

Histoire d’une généalogie :


Les Ossonces prennent cette orthographe à partir de 1667, le Nom AUSSONCE existe de 1608 à 1755 dans les archives. Il existe actuellement 13 branches Aussonce qui ne peuvent être unis. Actuellement la branche la plus ancienne serait celle d’un Jehan Aussonce marié à une Nicolle F… le couple a un enfant une certaine Marie Aussonce (1608-1686), mariée à Jean GNA et décédée à l’âge de 77 ans à Witry-les-Reims. Mais aucune descendance trouvée.
Une autre orthographe prend un seul « S » le Nom Ausonce se retrouve, simple faute entre 1689 et 1701 le prêtre de Fresnes les Reims ne devait pas être expert en orthographe, d’ailleurs à cette époque certains ne savaient pas écrire . Les frères et sœurs nés avant et après ont l’orthographe avec « SS ». Il y a à ce jour 48 membres de la famille portant le nom AUSSONCE et 239 membres portent le nom de OSSONCE.

La géographie :

Il existe un village AUSSONCE À 23 KM de Reims, mais dans les archives il n’existe pour l’instant aucun Aussonce. Le premier bassin est Witry-les Reims avec la naissance de Marie Aussonce, durant la période de 1608 à 1902, 489 membres de la famille sont nés à Witry-les-Reims soit 67,3 %, Puis vient Fresnes les Reims avec 7,9% puis Bétheny et Villers Franqueux.

Nous pouvons mieux comprendre notre généalogie par l’histoire de Wirty-les-Reims, Ce village semble joué un rôle important dans l’apparition de certains villages, au Moyen Age Witry dépendait du Chapitre de Reims, confirmé par la chartre de Raoul, archevêque de Reims en 1119. La Marie, Burigny et Marqueuse étaient des village qui dépendaient de Witry-les-Reims. Witry, Fresnes et Caurel dépendaient du chapitre Notre Dame, qui tel un seigneur laïc percevait impôts et taxes seigneuriales.
Vers 1650 fut une des heures sombres pour les villages, les guerres contre l’Espagne, la Fronde et la Guerre de Trente ans ont mis les villages dans une grande pauvreté et de nombreux villages disparurent, tels que Burigny et la Marqueuse en 1650 au profit de Witry. En 1669 le recensement indique que Witry-les-Reims comprenait 490 habitants. 

Communes Nombre de feux Nombre d'habitants
Bazancourt 40 140
Pomacle 40 140
Fresne-lès-Reims 35 122
Isles-sur-Suippes 25 84
Lavannes 100 350
Caurel 80 280
Witry-lès-Reims 140 490


Dans les Archives de la Marne, il est très difficile de retrouver des actes avant cette période, les premiers Aussonce habitaient-ils Burigny ou la Marqueuse ? mais les actes antérieur disparaissent avant 1650, les actes utilisaient sont les actes de décès.

Les Aussonce-Rousseau :

la branche de Jean rousseau appartient à Jean Aussonce ( 1623-1697) marié avec Françoise Page ( 1639)-1704). A ce jour 412 descendants ( conjoint non compris).

La filiation Jean Rousseau est difficile par le fait qu’il existe 3 Jean Rousseau dans notre arbre, il est né le 12 mars 1738 à Witry-les-Reims, ses parents sont Jacques Rousseau et Simonne Ossonce .

Le coté paternel :

Son arrière grand père : Philippe Rousseau
Son arrière grand mère : Françoise Roger
Son grand père : Adam Rousseau
Son arrière grand père :Jacques Baudet
Son arrière grand mère :Marie Saint Denis
Sa grande mère : Anne Baudé

Le coté maternel :
Son arrière grand père : Jean Aussonce
Son arrière grand mère : Françoise Page
Son grand père : Benoist Aussonce
Son arrière grand père :Guillaume Roger
Son arrière grand mère :Nicolle Gaillard
Sa grande mère : Jeanne Roger

Jacques Rousseau et Simonne Ossonce habitent Witry-les-Reims Jacques est laboureur, son acte de décès dit ex.laboureur, ils vont avoir huit enfants :

  1.  Marie-Anne (1731-1731)[1]

b.     Benoît ( 1733-1733 )[2]

c.     Remy ( 1734-1734 )[3]

d.    Etiennette ( 1736-[4]

e.     Jean ( 1738-1813 )

f.      Jean-Baptiste ( 1740-1740 )[5]

g.     Jeanne Elizabeth (1741-1741)[6]

h.    Jean-Baptiste (1746-1746 )[7]

La fratrie est marquée par un grand nombre de décès, l’étude de l’arbre complet nous montre que beaucoup d’enfants meurent dans les premières années voir à la naissance. Seuls deux des enfants Rouseau-Ossonce font survivre Etiennette et notre Jean.

Etiennette Rousseau qui va se marier le 13 août 1764[8] à Witry-les-Reims avec un autre Jean Rousseau, fils de Jean Rousseau et de Martine Bouy. Jean et Martine sont d’ailleurs le parrain et la marraine de notre Jean. C’est là la confusion d’Auguste Page dans son carnet, Jean Rousseau-Bouy a déjà était marié avec Etiennette Hourié, son épouse décédée, il prend comme second épouse sa cousine Etiennette Rousseau Sœur de notre Jean. L’acte de mariage nous indique d’ailleurs qu’il y a eu une demande de dispense. Pour comprendre l’arbre de Jean Rousseau et Martine Bouy nous donne l’aperçu.

Nos ancêtres étaient des gens de bon sens, pourquoi partager les terres quand on pouvait les garder dans le clan de la famille, il existe un grand nombre de mariage entre cousin, dans l’exemple de Jean Rousseau-Bouy et Etiennette le calcul de parenté est de 7,03 % car :

Jean Rousseau-Bouy est le cousin d’Etiennette Rousseau

En effet

Adam rousseau et Anne Baudé sont les grands-parents d’Etiennette et Jean Rousseau-Bouy

Jean Rousseau-Bouy est aussi un fils d’une cousine issue de germains d’Etiennette

En effet

Jean Aussonce et Françoise Page sont les arrière-grands-parents d’Etiennette et des ancêtres à la 4e génération de Jean Rousseau-Bouy.

La date de naissance de Notre Jean Rousseau est le 12 mars 1738 à Witry-les-Reims, L’acte de naissance est retrouvé dans les archives de la Marne[9].

Le carnet d’Auguste Page :

C’est sur un cahier d’écolier qu’Auguste Page recopie les informations issues des actes d’états civils et des registres paroissiaux. Il écrit à la plume, en utilisant deux couleurs d’encre. Le cahier se termine à la veille de la guerre 39-45 par le texte suivant :

« Ce 8 août 1939, anniversaire de mes 80 ans et faisant partie de la famille Ossonce par mon mariage en 1881 avec Marie Luce Ossonce de Witry-les-Reims, je confie à Michel et à Jean Ossonce fils de Xavier Jean Baptiste de Fresne-les-Reims  la généalogie de leur famille et les engage à allonger par un prochain mariage et une nombreuse progéniture cette généalogie et leur demande de continuer à la tenir à jour.

A bon entendeur salut. »

Auguste Page.

 

Auguste Page est né le 9 août 1859 à Witry-les-Reims, dans le registre d’état civil il se nomme Paul Auguste Page, il se marie le 15 novembre 1881 avec Marie Lucie Ossonce qui est la fille de Louis Félix Ossonce et de Nicole Alexandrine Picard. Jean Rousseau est donc un cousin d’un ancêtre à la 4e génération de Marie Lucie.




[1] née le 19 octobre 1731 et Dcd le 29 octobre 1731, son acte de naissance est masculin ( archives de la Marnes n°176)

[2] né le 12 février 1733 à Witry-les-Reims et Dcd le 13 février 1733 ( archives de la Marnes n° 188)

[3] né le 13 juin 1734 à Witry les Reims ( Archives de la Marnes n°200)

[4] née le 13 septembre 1736 à Witry les Reims ( archives de la Marnes n° 218)

[5] Né le 28 janvier 1740 à Witry les Reims ( archives de la Marnes n°273)

[6] née le 29 décembre 1741 à Witry les Reims ( archives de la Marnes n° 296)

[7] né le 16 avril 1746 à Witry les Reims ( Archives de La Marnes n° 353)

[8] Acte de Mariage à Witry les Reims obs : Epx vf Etiennette HOURIÉ ; Disp. csg 2e/2e et 3e/4e degrés ; affinité 3e/3e degré ( archives de la Marnes n°9658)

[9] L’acte de Naissance de Jean Rousseau (archives de la Marnes n°241)